Du pré aux vanneaux

Du pré aux vanneaux Basenji

Basenji

Histoire du Basenji

HISTOIRE DU BASENJI 

 




Faraoland Bluetooth Enigma


Propr. Élevage Enigma - photo Sanna Martell


Le basenji est une des races de chiens dont les origines sont les plus anciennes. 


On retrouve des traces de lui dès le 6ème millénaire avant JC, sur des peintures rupestres en Lybie. 

Des bas-reliefs égyptiens remontant à -3000 avant JC les montrent très clairement, équipés déjà des cloches de chasse en bois toujours utilisées en Afrique.

Difficile de rester de marbre quand on rencontre ces chiens. 

Leurs fans les considèrent comme les plus intelligents et les plus beaux, avec leur port altier, leurs allures très élégantes, leur visage plein de rides, et leur queue enroulée en forme de rose. 

A-contrario, leurs détracteurs ne voient en eux que banalité physique et caractère difficile, intelligence limitée et incapacité à obéir….




Classification FCI

Le basenji appartient au groupe 5 (chiens de type spitz et de type primitif), auquel sont rattachées les plus anciennes races canines. On trouve dans ce groupe des chiens aussi variés que le groenlandais ou le malamute (section 1, chiens nordiques de traineau), le chien d’ours de Carélie (section 2, chiens nordiques de chasse), le lapinkoira (section 3, chiens nordiques de garde et de berger), le volpino  (section 4, spitz européens), l’akita inu (section 5, spitz asiatiques et races apparentées), le chien de Canaan (section 6, type primitif), le podenco ibicenco (section 7, type primitif - chiens de chasse) ou encore le thaï ridgeback (section 8, chiens de chasse de type primitif avec un épi linéaire sur le dos). La liste n’est pas exhaustive, puisque ce groupe compte en tout 43 races, divisées en 8 sections. 

Le basenji appartient à la section 6, qui regroupe les chiens primitifs (ils sont au nombre de 5 : basenji, chien de canaan, chien du pharaon, xoloitzcuintle, chien nu du pérou). 

Les chiens primitifs ont ceci de commun que leur évolution n’a pas été dictée par une sélection humaine mais naturelle. Le basenji appartient à la grande famille des chiens parias, qu’on retrouve dans le monde entier tout au long de la ceinture tropicale. Il est proche aussi du dingo australien. 

Il présente un même pattern de couleur d’origine que la plupart des chiens parias, marron plus ou moins intense (on dit rouge pour le basenji) et blanc, avec en plus quelques variantes plus ou moins rares chez ses cousins.  

Il a des oreilles pointues, un museau de renard. 

La pression de l’environnement a sculpté des morphotypes assez proches pour les chiens parias, en fonctions des milieux qu’ils occupent, et qui leur confèrent une remarquable adaptation à leur environnement : un poil court qui leur permet de supporter les climats chauds, une taille et un poids moyen (entre 30 et 40 cm au garrot, et entre 10 et 15 kg), une construction médioligne, aucune extravagance évolutive. Mais une grande intelligence qui leur permet de survivre dans les milieux les plus hostiles. 

Le basenji est un des seuls chiens «sauvages» reconnu par les instances cynophiles. 

Histoire




Fresque Lybienne datant de -6000 av. JC


Des chiens de type basenji ont occupé l’Afrique depuis des millénaires : on en trouve des traces en Lybie en -6000, en Egypte en -3000. Partout en Afrique tropicale et équatoriale on trouve des traces de chiens aux oreilles pointues placées plus ou moins haut sur la tête, et à la queue plus ou moins enroulée sur le dos, et à la taille variable. Ils vivent en commensaux des populations humaines. Ils sont d’excellents auxiliaires de chasse, et c’est la raison de leur succès et de leur longévité sur ce continent.  



     

Chiens de type basenji

(Tafel XVI-XVII Bilderwelten und Weltbilder der Pharaonen.  Philipp von Zabern Vlg )

Mais les basenjis à proprement parler, avec la queue enroulée serrée sur le dos, les petites oreilles portées haut sur la tête, les rides sur le visage, et d’une taille homogène sont circonscrits à l’ancien Congo Belge (aujourd’hui République Démocratique du Congo), au sud Soudan, au Zaïre et à l’ Afrique équatoriale, le Libéria étant l’extrême Ouest de leur répartition géographique. 

Les explorateurs y ont de tout temps observé des basenjis avec les pygmées (une des populations et des cultures les plus anciennes d’Afrique). Les chiens décrits sont le plus souvent marron, avec très peu de blanc, et parfois tricolores, avec également très peu de blanc.

Ce n’est qu’en 1959 que le basenji bringé est découvert au sud Soudan, et encore un peu plus tard qu’apparaissent les premiers noir et blanc, originaires du Libéria. 

Aujourd’hui encore l’Angleterre, pays détenteur du standard, a du mal à reconnaître les couleurs bringé et noir, considérant le rouge et le tri comme les couleurs « véritables » du basenji… 

On ne sait pas qui des pygmées ou des Egyptiens ont été les premiers à élever la race, et qui l’a obtenue des autres. Le plus probable cependant est que les pygmées aient offert les basenjis en cadeau aux égyptiens. 




Pygmées et basenjis 


(Photo : American Museum of Natural History ©)


Des deux populations, les pygmées étaient les plus anciens et les plus conservateurs, les égyptiens au contraire, expansionnistes et avides de nouveauté, étaient les plus à même d’accepter voire de rechercher de nouvelles races. On trouve d’ailleurs sur les bas-reliefs égyptiens au moins quatre types de chiens différents, qui montrent de la part des égyptiens un attrait pour l’élevage et la sélection.




Illustration des chiens élevés en Egypte (datation inconnue)


(Bilderwelten und Weltbilder der Pharaonen - Ph. von Zabern Vlg.)


Quoi qu’il en soit, les basenjis sont des chiens de chasse et utilisés comme tels en Afrique noire et en Egypte. Mais ils ne chassent pas en laisse, ni à l’arrêt ou encore en meute. 

Ils sont des rabatteurs, qui poussent le gibier vers les filets des chasseurs, comme le font certains dauphins qui rabattent les thons dans les filets des pêcheurs. Ils n’obéissent pas aux ordres, mais travaillent de leur propre chef, et sont indépendants. Ils sont des partenaires de chasse plutôt que des auxiliaires.

On voit donc bien que la pression sélective, environnementale et non humaine, a trié les individus les plus à-même de développer des facultés stratégiques et déductives relativement indépendantes du lien à l’humain.

Une publication de 2006, « The Intelligence of Dogs »de Stanley Coren (psychologue et neuropsychologue),  place le basenji en avant-dernière position de toutes les races de chiens quant à l’intelligence, alors que les maîtres de basenjis jurent ne pas connaître de race plus maligne. 

La clé de cet apparent paradoxe se trouve dans la pression sélective naturelle qui s’est appliquée à la race au long des millénaires. L’enquête en question mesurait l’intelligence des chiens à leurs capacités à comprendre et à appliquer un ordre donné dès la première fois. C’est exactement ce que le basenji ne fait pas, non qu’il en soit incapable, mais parce qu’il a développé une grande indépendance de volonté. 

Et en effet, une étude plus récente de John Paul Scott et John L. Fuller publiée dans «Genetic and the Social Behavior of the Dog », qui comparait cinq races de chiens dans le cadre de leurs recherches sur la génétique du comportement, a montré que si les basenjis montraient des scores assez faibles aux épreuves de contrôle (marcher en laisse, obéir aux ordres), ils réussissaient parfaitement les tâches de résolution de problèmes, particulièrement celles impliquant la manipulation d’objet. 

Ici se trouve également l’explication de l’échec des méthodes de dressage traditionnelles, et le succès des méthodes douces basées sur la récompense (ce point sera développé dans un autre article). 


Out of Africa

Les premiers basenjis quittent l’Afrique pour l’Angleterre en 1880, on les appelle alors terriers du Congo. Un premier standard est établi, mais il apparait clairement que les chiens de l’époque ne sont pas vraiment notre idéal moderne de basenji. C’est en 1895 que les premiers terriers du Congo (ou chiens de bush Africains, comme on les appelait aussi à l’époque) furent exposés à Cruft.




Bosc, un des trois basenjis exposés au jardin d’acclimatation dans les années 1880


photo extraite de « The complete basenji », d’Elspet Ford


Malheureusement, aucun des chiens importés durant ces premières années ne survécut assez longtemps pour fonder les origines de la race en Europe. Tous  succombaient à la maladie de carré, soit directement, soit des effets secondaires des vaccins. Des chiens sont également arrivés en France durant ces premières années, et furent présentés dans un zoo parisien, probablement le jardin d’acclimatation. Ils étaient trois, prénommés Bosc, Dibue et Mowa mais on ignore ce qu’ils sont devenus. Ils ont probablement connu le même sort que leurs homologues anglais et succombé à cette maladie qui faisait des ravages à l’époque.

                 

Lady Helen Nutting débarquant                                 Miss Olivia Burns et sa fille en 1936 avec Bongo

d’Afrique avec ses basanais en 1923                        et Bokito of Blean, imports d’Afrique. 

Ce n’est qu’en 1936 que Miss Olivia Burns réussit  la reproduction de ses chiens importés d’Afrique (soit quand même 56 ans après les premières importations). 

La race s’établit d’abord progressivement en Angleterre, puis aux Etats-unis et au Canada.

Elle prend doucement son essor, trouvant un public de plus en plus nombreux dans les pays anglo-saxons. 

Le travail de sélection jusqu’à nos basenjis modernes est remarquable, et tous les juges qui ont connu l’évolution de la race s’accordent à dire que son amélioration est continue au fil des décennies. Interviewé pour une revue canine en 1982, Mr Rayne (juge américain) évoque les premiers basenjis qu’il a jugés 40 ans plus tôt. Il raconte que la race n’était pas « aussi élégante qu’elle l’est aujourd’hui », il note « une amélioration des allures », mais trouve que « la race manque aujourd’hui souvent de rides et d’expression typique », il se souvient que « les chiens de l’époque était rarement tricolore, pour la plupart rouge avec moins de blanc qu’aujourd’hui », et estime que « le basenji est une des rares races qui dans l’ensemble s’est améliorée depuis qu’il a commencé à juger 40 ans plus tôt ». 


 




Miss Veronica Tudor Williams et un de ses chiens


En 1973, miss Tudor-Williams, une britannique pionnière de la race, raconte :

« Je pense souvent à combien les quelques premiers éleveurs étaient courageux, et je suis fière d’avoir été l’une d’entre eux. Nous faisions face à toutes sortes de difficultés, dont les éleveurs actuels n’ont aucune idée, et je me dis souvent que si je n’avais pas été très jeune et très enthousiaste, je n’aurais pas pu continuer.  

Pour donner un bref aperçu des problèmes : durant la période 1939-1943, au moins 20% des chiots ne survivaient pas. Au début, à peu-près 50% de tous les chiots présentaient des hernies inguinales ou scrotales sévères, mais Dieu merci ce problème a été plus rapidement maîtrisé que les mauvaise dentitions, bien que des hernies ombilicales sévères aient persisté pendant longtemps. Et quand je dis sévères, j’entends sévères, avec des hernies parfois aussi grosses que des noix. Puis nous avons eu le problème des chiens de couleur crème - crème étant une jolie couleur, mais passablement ruinée par des nez roses, des paupières roses, et des yeux jaunes. Je dirais que 20% des premiers chiots qui naissaient étaient crème, et quelquefois ils étaient plus nombreux que les rouges dans une portées. En plus de tout cela, nous avons eu quelques fentes palatines dans les premiers temps, mais qui ont rapidement disparu. Et nous avons eu des syndromes du chiot nageur, qui sont des chiots qui ne peuvent pas tenir sur leurs jambes, peu nombreux mais suffisamment pour que ce soit un problème, et je suis heureuse de dire que nous n’en avons pas vu depuis de nombreuses années. 

Comme on peut le comprendre, tous ces problèmes majeurs ne laissaient pas beaucoup de place à la sélection de caractères physiques, ni ne permettaient d’être trop sélectif quant au caractère. 

Nous devions déterminer qui étaient les chiens à bon caractère avec une réserve naturelle, et comment les six mois de confinement solitaire de quarantaine requis pour permettre l’entrée en Grande-Bretagne les avaient affectés. Et lesquels n’avaient pas à l’origine un si bon caractère, ce qui, avec les meilleures intentions du monde, ne pouvait être déterminé que par les essais et les erreurs .»

La race aujourd’hui

Le basenji est bien implanté dans le monde cynophile, avec une forte présence aux Etats-Unis, mais il semble malheureusement que la race connaisse une baisse de ses effectifs en Angleterre. 

En France, hormis les chiens introduits au début du XXème siècle et dont on a perdu toute trace, le premier basenji officiel est Tauny Simba, importé d’Angleterre en 1966, suivi de près par Antefaa Leda Raa of the Congo et Sirdaisitar of Horsley, eux aussi arrivés d’Angleterre.   


   


            Tauny simba, import 1967                                              Antefaa Leda Raa of the Congo

Le tout premier élevage est celui de miss Rundle, une britannique qui élève sous l’affixe D’ALVERNE. Elle est l’éleveuse de la première portée née en France en décembre 1968.Elle restera la seule éleveuse pendant une dizaine d’années, puis viendront l’élevage BONAGUIL, l’élevage VAN IGOR’S STAM (à Irène et Jacques Achard), etc. (cf la liste complète des élevage à la fin de cette page). 

Le nombre des naissances de basenjis en France est en constante augmentation depuis 1968, mais la race reste encore à faible effectif. 


 




Courbe de l’évoluton des naissances de basenji en France de leur introduction à nos jours. Statistiques SCC. 


A ce jour, les élevages français ayant le plus produit de portées sont D’ALVERNE, avec 26 portées, OUT OF AFRICA à Christian Jouanchicot avec 34 portées, toujours en activité, et enfin SWALA PALA  à Lise Durlot avec une cinquantaine de portées, et toujours en activité lui aussi. 

Le nombre d’éleveurs est en constante augmentation, et pour la première fois le nombre de chiots produits à dépassé les 100 en 2013 (128 chiots produits).

Le Basenji Club de France a été créé le 12 mai 2004, et est aujourd’hui présidé par Jacques Médard. 

Pour visiter son site, c'est ici et pour adhérer .






SOURCES : 

Basenji Club Of America (BCOA)

The basenji out of Africa to you - Susan Coe

http://www.fallohide.dk

http://basenji-freunde.com

Sociéte Centrale Canine

La database de Sally Wallis

Basenji Club de France